2K#1 / Synapse Après Vente

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★★★★☆ Plus prenant qu’une balle dans la tête ! Le 14 Mars 2098
Par Belguard
Cet avis est à propos du Service : Inmate Connection (1 hour)
Ergonomie : 3,5/5                           Fiabilité : 4/5                     Sensations : 5/5
Avant-Propos : Mon avis ne sera pas tout à fait objectif. On m’a offert, pour mon enterrement de vie de jeune fille, une des « Sessions Spéciales » proposées dans le « Sensationnal Pack ». J’ai donc vécu tout ça dans un cadre très particulier. Offert par des ami-e-s et des membres de ma famille. La veille de mon mariage.
On va commencer par le moins bon. Je mets 3,5 en ergonomie parce que le système peut sembler clair à des gens ayant déjà testé le Voyage par Transfert Synaptique. Mais pour la néophyte que je suis – ou j’étais plutôt, merci les gens, merde – ce n’est pas évident de couper le rapport à la réalité et de se plonger complètement dans l’expérience. La vision en Réalité Augmentée, notamment, m’a filé quelques maux de crâne. Je crois bien avoir louché à plusieurs reprises. Vous me direz « ça fait partie de l’expérience ». En tout cas, c’est pas la première review qui a l’air de reprocher ça. Sauf que, comme dit, c’était un cadeau. Et une surprise. Les reviews je ne les avais pas consultées, je ne les connaissais pas par cœur ni ne les avais sous les yeux. C’est un peu misérable. D’après ce que j’ai pu voir comme info en fouillant sur le web, c’est que ça viendrait d’un problème de surchauffe des puces relais. Ou quelque chose comme ça. Et ben, je veux pas avoir l’air de vous donner des ordres, mais mettez des refroidisseurs. Non ? Pas possible ? Bref.
Sans compter qu’il faut faire tout un tas de « trucs » – ouais, toute la phase préparatoire qu’on t’expédie et qui est finalement presque incompréhensible j’appelle ça des « trucs » – pour être plongé dans l’expérience. Et vas-y que si tu te trompes, ça rigole pas. Bien entendu que je me suis trompé. J’ai pris un tel marron que j’ai un bleu à la tempe. Ça allait avec la couleur de mon costume du lendemain, vous me direz, mais pas avec mon humeur du moment. Ceci dit, prendre une châtaigne dans la tête juste avant de plonger m’a peut-être aidé  à ne pas tomber dans les pommes après. Jeu de mot ; Salade de fruit.
Re-Bref.
Le matériel n’est pas lourd, en revanche l’arc qui maintient les deux électrodes au niveau des tempes est un peu serré. Ah ! Mais c’est peut-être ça les maux de tête.
Les Dark Goggles© – c’est les Lunettes Opaques qui ont mille noms différent en fonction de chez qui vous allez tester le VTS – coupent tout à fait du monde, j’ai d’ailleurs envoyé des Meepiks à des potes, elles font l’unanimité, hyper classes, ultra-légères, adaptables, vraiment, là-dessus, je vois pas trop ce que je pourrais reprocher. Ah si ! Les gars, votre shop, s’il sert pas à acheter une version Lunettes De Soleil indice 4, il gâche la moitié de son potentiel. Bref, ça et les T-Shirts, j’y reviendrai plus tard.
Du reste, je comprends qu’on ne puisse pas avoir beaucoup d’impact sur ce que l’on voit, histoire d’immersion et de cinéma, mais sur les rares interactions que j’ai pu avoir, j’ai eu droit à deux beaux échecs d’entrée de jeu. Peut-être passer par un écran de chargement qui  serve de didacticiel ? Enfin bon, une fois ces 6 ou 7 premières douloureuses minutes passées, tout devient très clair. Vraiment limpide. D’ailleurs, on m’a expliqué que le quart d’heure de rab offert sur l’heure payée servait à ça. J’ai donc passé la moitié du temps cadeau à déjà plonger correctement dans ce moment de folie.

Sur la Fiabilité, j’ai pas grand-chose à dire, c’est bien pour ça que je vous affuble d’un 4. ROYAL. J’ai eu, à plusieurs reprises, des glitchs, quelques artefacts et – surtout – quelques tearings.  Mais sans déconner, je chipote. La qualité du rendu visuel, la rapidité de chargement, la réactivité de l’environnement, ou est quasiment sur du temps réel. On est mais alors tellement loin de ce que faisaient les premières bécanes. Oui, parce que ça c’est un super plan marketing, les mecs.
Quand on arrive dans le hall, y a ces écrans qui se déplacent sans arrêt, à la verticale, à l’horizontale, sur les murs, au plafond, partout. Il y a même certaines dalles au sol qui réagissent à un rythme et une combinaison. Tu peux charger des teasers de parties déjà enregistrées. Et tu peux les acheter en dématérialisées, d’ailleurs. Mais c’est pas le sujet. Le fait est qu’un peu partout, ce qu’on voit, quand on sait ce que c’est, c’est déjà super impressionnant. Mais c’est un putain de piège. Parce qu’en fait, une fois que le matériel est enfilé, c’est la fête. C’était beau dans le hall ? Mais ce qu’on te met sur le museau, c’est, en termes de claque visuelle, trois ou quatre étages au-dessus.
En comparaison, imaginez : Vous attendez votre métro, tranquillement, pour aller au boulot. Vous savez, les tout derniers modèles, ceux qui se déplacent par magnétisme, avec tout le confort, les écrans, les distributeurs qui fonctionnent aux empreintes digitales, la clim, les sièges qui se déplacent en deux-temps-trois-mouvements. Bon, vous savez, quoi. Ben, vous attendez ça. Et là, à la place, c’est une navette qui part directement jusqu’au bureau de votre patronne, qui vous ouvre la porte, qui lui botte le cul, à cette vieille conne, qui la pousse par la fenêtre et qui vous fait signer un nouveau contrat pour vous installer dans son siège. Et ça, c’est que visuellement. Uniquement visuellement. C’est pour ça qu’on en vient enfin au dernier point : LES SENSATIONS.
Je me souviens avoir lu un truc quand j’étais gamine dans des bouquins de mon grand-père. Selon lui, déjà à l’époque, plus personne ne l’utilisait, c’était ce que les vieux de son temps disaient pour paraître jeunes à une époque où c’était même moqué par leurs enfants. Pour dire le décalage. Ils disaient « Sensass ». Pour « Sensationnel ». C’est un mot qui fait facile, dans ce contexte-là. Mais je lui trouve un charme désuet. Alors en plus de SENSATIONNEL – mate le MAJ LOCK – je vais rajouter PHÉNOMÉNAL. Tiens, mon OS vient de me conseiller de faire ALT+144 pour écrire un É. OH PUTAIN ÇA MARCHE !
Le Bref nouveau est arrivé.



Pour reprendre depuis le début.
Après installation dans le siège, on m’a glissé les Goggles sur le pif, et j’ai pu sélectionner quel programme je voulais suivre. J’ai donc choisi sur la liste de 25 programmes, celui intitulé La Ligne Verte, en référence à un film du siècle dernier. Je suis sûrement une des rares personnes à avoir vu ce film qui fête ses 100 ans sous peu. Genre l’an prochain. Et il me fait pleurer comme la dernière des madeleines. J’avais envie de voir un peu ce que ça pouvait faire, en gros, d’être dans les yeux de John Café. Les mises à jour technologiques en plus ne sont pas forcément des émotions en moins. Et quand bien même ce serait le cas, le film part de tellement haut qu’à la simple vue du titre, des frissons se sont mis à me parcourir le dos.
Le temps de chargement du début a pris quelque chose comme 5 minutes, pendant lesquels sont passés de manière aléatoire des morceaux de musique à-la-mode. J’ai commencé à me trémousser et l’arc qui maintient les électrodes est venu s’enfoncer dans mes tempes, du coup j’ai arrêté.
Pas très glam.
Et puis ça a commencé.

A partir de maintenant, SPOILER ALERT ! Vous aurez été prévenus ! Fuyez votre chemin, pauvres fous, ou éclatez-vous et donnez-vous envie !


Un long passage au noir, une respiration lointaine qui se rapproche et littéralement la sensation d’avoir la poitrine qui se remplit d’un air qui n’est pas le sien à mesure que le champ de vision s’ouvre, entre flou et humidité, devient net et laisse enfin apparaître la pièce. Le plafond, blanc, à dalles luminescentes est allumé en damier à des intensités différentes, afin de ne pas agresser les yeux. Les dalles les plus en face sont très légèrement éclairées et le reste pousse progressivement en intensité. La pièce semble n’avoir aucun angle droit, ni même juste – comment dire ? – francs. Tout est arrondi au possible, adouci, neutre, quasi-hygiénique. 

J’ai eu le temps de les admirer ces dalles et ce plafond. C’est même tout ce que je pouvais faire. Le premier échec, celui dont je parlais plus haut, c’était ça. J’avais pas compris, à ce moment-là, moi, que « C’est à vous de décider quand faire le premier pas pour que l’expérience débute » ça faisait référence à « C’est vous qui donnez le tout premier élan, si vous ne vous décidez pas à bouger, vous allez rester là une éternité et demie». Donc, à noter, le langage des marchandeux de VTS est hyper obscur, imagé et même des fois complètement métaphorique et perché. C’est pour l’ambiance. Ça marche bien, parce que du coup, à partir de là, on a presque l’impression que tout va devenir mystique.
Le temps de me rappeler les commandes de mouvements et le personnage, dont la respiration commençait à s’accélérer, s’est levé en se passant une main bandée sur le front. La tenue carcérale était blanche, elle aussi et la manche du type était légèrement tâchée au bout. Visiblement, du sang. Surement pour ça que la main était bandée.
Une fois debout, petit tour du propriétaire. La salle est vide, le lit vient de se rétracter gentiment dans le mur. Je ne l’ai pas vu, mais j’ai reconnu le bruit du mécanisme et de la dalle qui se referme. C’est à ce moment précis que j’ai capté que le son ne venait pas des lunettes. Les messages sonores passent directement par les électrodes. C’est notre cerveau, directement, qui interprète le signal électrique. Ça peut paraître bête, mais c’est génial pour l’immersion, parce que ça colle vraiment au plus près de la sensation du personnage. En tout cas, moi, ça m’a mise dedans tout de suite. Le truc bizarre, au début, c’est que dans cette grande salle, il semble qu’il n’y ait pas grand-chose à faire, du coup, les déplacements du personnage semblent très « automatiques » et très « scriptés ». Ce qui est probablement le cas, vu qu’en s’approchant d’un mur, après quelques instants à bien regarder la pièce diaphane et froide, une interface s’est affichée, qui m’a permis de voir qui était le personnage que j’incarnais. Un mec qui avait pas l’air drôle. Les cheveux en brosse militaire, le nez raboté, le menton barré d’une cicatrice. Mais à part ça, complètement sec. Le genre de mec qui fait tout fragile mais bon pour faire du hand. A la moindre stimulation, le bras part, vif, pète une pommette, deux ou trois dents et chope une mouche en vol au passage. C’est vraiment ce que ça m’a inspiré quand je l’ai vu remonter sa manche et découvrir son avant-bras aux veines saillantes. Vous me direz, pour le décorum, ça marche complètement, ce côté endurci au fin fond d’une cale de bateau et jeté en prison. On a envie qu’il gagne ce personnage, d’entrée de jeu. Parce qu’il n’y a rien de plus beau qu’un loser magnifique tombé par inadvertance mais conviction, un bandit encore trop humain, parce qu’il a l’air d’avoir eu sa dose de cauchemars, un Monsieur-Dame-Tout-Le-Monde, qui se trouvait juste au mauvais endroit, au mauvais moment, mais c’est pas un-e mauvais-e bougre, finalement.
Condamné Numéro 47-725-Num. Mon gars, avec ta bite, ton couteau, ma frite et mon clito, ça peut qu’envoyer du lourd.
La Partie commençait.


La suite ? Ce soir, peut-être ? Ou bien autre chose ?

En tout cas rendez-vous vers 23h pour les 2000 mots de plus !

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