1K#6 / Bienvenue Chez Moi !

AVERTISSEMENT !
Ce soir, c’est écriture automatique. En vérité, c’est plus, genre, semi-automatique. [Insérer ici une blague de flingue.] Arrosée de relecture, de corrections, de reprécisions. Bref, ça part comme de l’écriture automatique mais ça va forcément changer de tronche à un moment donné.
L’exercice étant particulier, la lecture à laquelle vous vous préparez risque de vous sembler étrange, peut-être déconstruite, déstructurée, j’en entends même dans le fond qui disent « Foutraque » –  et j’ai bien envie d’indiquer la porte à ceux qui ont écrit « Bite » sur le miroir des toilettes, sérieux les gars, vous déconnez.
FIN DE L’AVERTISSEMENT !

C’est un exercice auquel je tendais à m’adonner régulièrement, à l’époque où j’écrivais régulièrement, on va dire y a à peu près sept-mille-huit-cent ans. Et là après cette journée de malade que je viens de passer, je me suis dit, faut lâcher la tête, balancer des idées en vrac, en boxer devant mon ordi, avec un verre doseur de 75 cl pour verre.
Finalement, je suis toujours en jean troué au genou droit. J’ai même pas été foutu de trouver la force d’enlever le jean. Le combat avait l’air perdu d’avance. Je sentais venir le débat et franchement, j’avais aucun argument valable pour convaincre mon jean de partir de lui-même.
Pour ceux qui me connaissent moins, ou pas du tout – Salut à vous, beaux inconnus, merci de passer sur ce blog et de partager, et de commenter, j’ai vraiment envie d’échanger avec vous, uesh – je vais faire un récap de POURQUOI c’était une journée de malade.
Ça fait maintenant 3 ans, bientôt 4 (« 29 ans bientôt 32 » comme dirait Bernie) que je parcours à vélo ou en planche les rues polluées de Lyon, capitale des Gaules, berceau des Gones, terreau du Golri. J’ai galéré de ouf pour compléter mon triptyque stylistique. C’est terrible cette sensation, parce que, comme je suis en écriture automatique, j’avais commencé par écrire que je trouvais pas de troisième élément (mais si, vous savez, le film avec Brice Wallace) et finalement je l’ai trouvé, alors j’ai fait la correction. Bref, j’erre dans Lyon pour différentes raisons mais l’une d’elles c’est qu’à un moment donné, pendant ma chute inexorable vers le Rien Intellectuel – sans déconner j’ai quand même bossé pour une de ces boîtes qui passent leur temps à vous appeler, désolé, mais je vous assure c’est encore plus dur de notre côté du combiné – je suis parvenu à m’agripper à une branche, qui payait pas de mine. Juste une branche, comme ça. Ça me fait penser à un petit conte qui se balade dans la sagesse Zen.
C’est l’histoire d’un type, je crois qu’il est important, mais je n’en suis pas sûr. En tout cas, il est poursuivi par un tigre. Il court, il court, il arrive au bord d’une falaise. Et là, il a plus beaucoup de choix. Alors il se jette. Et s’accroche à une branche qui sort du flanc de la montagne. Elle est toute seule, au milieu de la roche, et elle est là juste pour lui. Pendant que le mec est là, accroché, il entend que le tigre l’a rattrapé et qu’il l’attend, en haut. Cependant, les tigres font partie des rares félins qui sont incapables de grimper aux arbres ou de faire des trucs un peu acrobatiques stylés. Je le sais parce qu’il y a un vieux conte chinois, dont j’ai lu la traduction française de la passation japonaise du conte, sur un tigre incapable de chasser et inoffensif que personne ne craignait dans la forêt qui un jour, parce que la faim se fait trop forte, va à la rencontre d’un chat, qui est une figure de maître dans le conte. Le chat, qui est sage, entend sa requête et décide d’y accéder.
Le Maître Félin lui enseigne comment courir vite. Puis, il lui apprend à chasser, en se cachant, en étant clair et précis sur ses appuis pour enfin bondir et saisir ses proies. Et enfin, il lui montre comment toujours atterrir sur ses pattes pour ne pas se blesser, même après une chute vertigineuse. Après moult efforts, le Tigre parvient à maîtriser tout ce savoir. Mais, orgueilleux, il décide – ce fils de con – de menacer le chat et de le chasser pour le dévorer, histoire de prouver qu’il est devenu meilleur que son maître. Le chat s’enfuit en grimpant dans un arbre et le remet à sa place en mode « Ah c’est vraiment pas de chance, j’ai oublié de t’apprendre comment on grimpe aux arbres ». Le Tigre pue le seum, il finit par abandonner. Le Conte dit que c’est pour ça que depuis, en tout cas, en Chine, les Tigres détestent les chats et que ces derniers préfèrent le confort des foyers humains, où ils sont protégés, nourris, et où ils n’ont rien besoin d’enseigner à quiconque.



Bref, maintenant qu’on est sortis du conte dans le conte, retournons au Conte qui mène au vrai truc que je voulais raconter. Le mec, toujours avec sa branche mais plus pour longtemps, espère avoir un peu de repos. Mais sa chute a causé des remous, et en s’accrochant à la branche, il a réveillé, à cause des vibrations, un serpent. L’animal s’approche pernicieusement. Vous me direz, est-ce que les serpents sont capables d’une autre méthode de déplacement, je suis pas convaincu, m’enfin c’est pas le sujet. L’homme le voit et se dit que c’en est fini de lui et que c’est un sort bien cruel qui l’attend, entre le vide en contrebas, le serpent sur ses côtes et le Tigre au-dessus. C’est alors qu’il se rend compte que ce n’est pas une simple branche dont il s’est saisi. Au milieu des quelques feuillages, se dresse, timidement, pudiquement, une fraise.
L’homme s’en saisit délicatement, et la croque, tout aussi délicatement, petit à petit. Il se rend compte dès lors que peu importe les dangers, les peines, les peurs, passés ou à venir, ce qui compte c’est le délice du moment présent qui s’offre à lui, sous la forme de cette belle fraise charnue et sucrée, cachée aux yeux de tous, présente uniquement pour le satisfaire à cet instant.
Et ben, vous voyez, cette branche à laquelle je me suis accroché, elle s’appelle Le Clap. Collectif Lyonnais d’Artistes Polyvalents. J’y ai, par le hasard des destins croisés, retrouvé des gens, j’en ai rencontrés de nombreux autres, j’en ai aimés et j’en aime encore beaucoup.
Au sein du Clap, fourmillant, bouillonnant, j’ai été initié au théâtre d’improvisation. J’aurai tant et tant à dire sur le théâtre d’impro, je pourrai en causer pendant mille mots de plus, pendant mille jours. Ce que ça me fait physiquement, ce que ça m’a apporté de compréhension de l’Art, de moi, de ce que je recherche dans la création.
Et ce soir, notamment, j’ai joué. Un Concept coécrit par deux des personnes parmi les plus talentueuses dont les rangs du Clap sont riches. Non, mais sans blague, j’adore ces deux types. Il y a plein de gens, dont je ne citerai pas les noms, par respect de leur anonymat, que j’adore. De belles rencontres, des soutiens formidables, des partenaires de jeux incroyables. Des humains qui me font monter le sang au cœur, le font bondir dans et hors de ma poitrine, m’emplissent la bouche de rires, les yeux de larmes, les mains de bonheur.
Dans le concept de ce soir, Ambiance Space Opéra, j’étais un personnage dont les primes caractéristiques m’ont été données par le public. Reptilien, type gourou allumé. De la folie.
Bien sûr, ça n’aurait pas été possible sans la belle équipe que nous étions. Les Comédiens. Les Maîtres de Cérémonies. Le musicien. Tous ces gens sur qui écrire mille mots serait un jeu d’enfant et une catharsis formidable. Ok, y avait formidable un peu plus haut dans le texte.
Tous ces gens sur qui écrire mille mots serait un jeu d’enfant, un excellent moyen de montrer de la gratitude pour tout ce qu’ils m’apportent et une catharsis fantastique.
J’avais mille mots à faire alors que, maintenant que j’ai pris cette direction, j’en aurais 4000 à écrire, rien que pour ce soir. Mais la fatigue m’étreint, et je travaille demain.

A ceux que je connais et qui me connaissent : Je vous embrasse.
Aux autres : je vous envoie le meilleur de ce qu’il me reste d’énergie.
Courage et Sérénité.

Le voyage commence !

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